Il est en colère ce n’est pas son caractère !

non-la-colere-n-est-pas-qui-il-est-akasha-amel-leger-Source-Pexels

non-la-colere-n-est-pas-qui-il-est-akasha-amel-leger-Source-Pexels

Il a deux ans, peut-être trois. Il est dans une poussette, sa grand-mère fait ses courses tranquillement, à cela prêt qu’il huuuuuuuuurle.

“Il” c’est qui ?

C’est un petit garçon que j’ai croisé ce matin en allant faire mes courses. Il hurle et tente se s’évader de la poussette dans la grande indifférence de la grand-mère, qui, retrouvée à la caisse finit par expliquer à une cliente qu’il veut sortir de la poussette car “sa mère le porte quand elle fait les courses avec lui, moi je ne peux pas le porter ET faire les courses”. Et puis elle ajoute, “il ne va pas arrêter (de hurler) c’est son caractère, il est comme ça“.

Je me sens soudain tellement mal, vraiment mal, triste et révoltée en même temps, que face à cette scène je suis incapable de bouger. Incapable d’expliquer à cette grand-mère que je sais pourtant bien intentionnée, que NON. NON non NoN et NOooooon! Ce n’est PAS son caractère. Ce n’est PAS qui il EST. NON
Il est en colère. Et il a bien le droit. Il ne comprend peut-être pas pourquoi on lui dit non, il vit de la frustration. Et même s’il comprend il a peut-être très envie d’être dans les bras de quelqu’un, peut-être a-t-il un grand besoin d’amour. C’est ce que j’ai senti moi au premier regard. Il a besoin d’amour ce petit. COMME TOUT LE MONDE.
Mais non on ne lui parle pas et on ne l’apaise pas, et on ne répond pas à ses besoins. Alors deux choses :
1- Il a le droit d’être frustré, en colère. Et ça ne définit pas qui il est. Mais il va avoir besoin d’apprendre à gérer sa colère
2- Il a besoin d’être rassuré, d’être aimé. Et c’est notre droit et notre besoin à tous.
3- J’ai appris depuis, grâce à Catherine Gueguen,pédiatre, que les tout petits ont besoin d’empathie, de bienveillance pour apprendre à gérer leurs émotions, pour que leur cerveau fasse les bonnes connexions de neurones, afin de leur apprendre à gérer leurs émotions.

Entre la naissance et trois ans un enfant  ne peut pas gérer ses émotions. Ce n’est pas qu’il ne veut pas ou ne sait pas. Il ne peut pas. Le tout-petit ne provoque pas l’adulte. Son cerveau émotionnel et archaïque domine pendant la petite enfance. Donc l’enfant est dominé par ses émotions. Quand il est triste, il est immensément triste, quand il a peur, ce sont d’immenses paniques, quand il est en colère, il est très en colère. Les professionnels doivent savoir que l’enfant, quand il est en proie à des tempêtes émotionnelles, ne le fait pas exprès. Il souffre. Si l’adulte ne le rassure pas, ne le console pas, ne l’apaise pas, le cerveau de l’enfant se stresse et secrète des molécules de stress toxiques pour le cerveau du tout-petit.

A chaque fois qu’on a une attitude empathique (sentir et comprendre des émotions de l’autre) et bienveillante (c’est être empathique), qu’on est soutenant, encourageant, cela permet au cerveau de se développer. Cela favorise la maturation du cortex préfrontal (celui qui nous différentie des grands singes! ), la sécrétion d’hormones et molécules qui permettent le développement du cerveau. Et en plus cela génère la sécrétion d’ocytocine!

J’enrage, mais pourquoi ?
Moi aussi j’ai eu des colères. Peut-être pas à cet âge-là, je ne m’en souviens pas. Mais plus tard. Et je ressentais de l’injustice. Et je croyais que le monde était mal fait. Et j’ai culpabilisé de faire ces colères. Jusqu’au jour où j’ai compris que j’avais juste des émotions que je ne savais pas gérer. MAIS que j’avais le droit d’avoir ces émotions. Même si l’extérieur de les comprenait pas. Et il m’a fallu me réhabiliter. Me donner le droit de vivre mes émotions, me donner le temps d’apprendre à les verbaliser. Me laisser la place d’exister en disant mes besoins. En nommant mes émotions au contact du monde. Car si le monde est comme il est, je suis aussi comme je suis, et JE ME dois de ME laisser vivre mes émotions.
Et aujourd’hui que j’ai appris à être moi, en paix, en conscience et en authenticité, ça me tourne les entrailles qu’un petit enfant si jeune se fasse plaquer l’étiquette qu’il va se coltiner une bonne partie de sa vie, jusqu’à ce qu’il réalise qu’il N’EST PAS SA COLERE. il n’est ni sa colère ni sa joie, ni sa tristesse. Mais ces émotions il va les ressentir, et plus l’adulte pourra lui apprendre à les gérer, plus il apprendra à se connaitre, ses besoins, ses envies, et plus il sera juste lui.

A tous les parents d’enfants qui font des colères, j’ai envie de dire :

S’il vous plait. Arrêtez vous un instant et ressentez tout l’amour que vous avez pour votre enfant. Voyez ses belles qualités, sa pureté, sa candeur, sa joie de vivre et sa douceur. Sentez qu’il est venu lui aussi offrir au monde ses belles perles de vie. Et quand il est en colère. Ecoutez-le, écoutez ce qu’il vous dit. Donnez lui le droit d’être EN colère, sans définir qu’il EST colère. Offrez lui un espace où il peut extérioriser. Cajolez le, maternez-le, inondez le de bienveillance et d’explications. Puis débrifez avec lui, à la mesure de son âge. Aidez le à sentir ce qui l’a mis dans cet état-là pour que la prochaine fois il apprenne à vivre la situation différemment. Et que chaque occurence ne soit pas l’occasion d’un drame programmé, mais juste une occasion d’apprentissage de gestion. Il sera libéré. Vous serez libéré, car vous aurez vous aussi répondu à votre besoin essentiel : celui d’outiller votre enfant pour le monde, de l’aider à ETRE qui il est vraiment.
Avec des tonnes d’amour pour tous ces enfants et tous ces parents,
Amel

Source de la citation : Catherine Gueguen, pédiatre : “Arrêtons de dire aux petits “t’es pas gentil” ! » https://lesprosdelapetiteenfance.fr/vie-professionnelle/paroles-de-pro/rencontres/catherine-gueguen-pediatre-arretons-de-dire-aux-petits-tes-pas-gentil

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *